Spank Rock n’est plus qu’un seul homme. Le duo composé de Naeem Juwan et du beatmaker Alex Epton, alias XXXChange, s’est dissous, tombant dans le classique cliché du groupe dépassé par son succès, celui du premier album YoYoYoYoYo, paru en 2006 chez Big Dada, la division hip-hop de Ninja Tune. Matt Black, le boss, se rappelle que « de grosses maisons de disques ont commencé à leur tourner autour, à promettre des choses et agiter de grosses sommes d'argent ». Et de conclure : « Ça ne m'étonnerait pas que ce soit une des bases de la rupture entre le DJ et le rappeur. »
La grosse maison en question était Downtown records, qui a subtilement pensé que la musique de Spank Rock serait parfaite pour illustrer des pubs à la télé. Du coup, Naeem Juwan a réalisé qu’il n’avait pas forcément fait le bon choix, et a bouclé ses valises. Après cette petite claque de maturité, Juwan est redevenu un artiste indépendant, ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être. Il s’est relevé et a rassemblé ses idées. Il en a trouvé une bonne : embaucher Boys Noize pour produire son deuxième album.
Le polyvalent beatmaker allemand, qui cartonne un peu partout dans le monde grâce à ses remixes, lui a servi sur un plateau ses bonnes recettes pour ce qui restera l’un des meilleurs disques électro-hip-hop de l’année, Everything Is Boring and Everyone Is a Fucking Liar. Spank Rock vient présenter son nouveau bébé lors d’une release party ce samedi à la Machine du Moulin Rouge, accompagné de quelques grosses têtes de l’électro hexagonale : Bobmo, qui vient de fonder le label Marble avec Para One et Surkin, ses copains sur le défunt Institubes, DSL, hébergés chez Ed Banger, les Donovans, signés sur le Citizen de Vitalic, et Sayem, connu pour son tube World of Flowers, et qui a sorti en octobre son dernier album A City Gone Mad w/ Fever, joliment complété d’une bande dessinée. De quoi fêter dignement son retour parmi les siens.
Spank Rock release party,
le 10 décembre à partir de
23 h 30 à la Machine du
Moulin Rouge, 90, bd de
Clichy, 18e. Places : 15-18 €.
Retrouvez les news musicales,les vidéos musiques les nouveaux clips et albums, les concerts. Pour tous ceux qui sont accrocs à la musique
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Femi Kuti and The Positive Force
Pionnier de l’afro-beat, ce savant mélange de funk, de jazz, de psychédélisme rock, de rythmes africains et hédoniste polygame, Fela Kuti a eu de nombreux enfants. Tous sont devenus danseurs ou musiciens. Si aujourd’hui le jeune Seun Kuti revendique la filiation paternelle avec le groupe historique Egypt 80, l’héritage musical se ressent naturellement dans la fusion de l’aîné, Femi Kuti. En digne héritier de Fela, Femi pratique le saxophone et intègre à 19 ans le groupe de son père Africa 70. Sur scène, il apprend à faire le show et déploie une énergie incandescente.
Fort de cette expérience, Femi Kuti crée son propre groupe, The Positive Force, et perpétue alors la tradition d’un afro-beat engagé. Son succès, africain au départ, finit par embrasser l’Europe puis le monde entier. Durant les années 1990 et 2000, sa fusion world se régénère dans des rythmes actuels, hip-hop et dance. Mais il revient aujourd’hui avec un nouvel album enregistré au Nigeria qui marque le retour aux sources d’un afro-beat roots, rugueux, presque punk.
Le Splendid, 1, place du Mont de
Terre, Lille. Le 13 décembre à 20h
Tarif : 30 a. Tél. : 03 20 33 17 34.
www.le-splendid.com
Fort de cette expérience, Femi Kuti crée son propre groupe, The Positive Force, et perpétue alors la tradition d’un afro-beat engagé. Son succès, africain au départ, finit par embrasser l’Europe puis le monde entier. Durant les années 1990 et 2000, sa fusion world se régénère dans des rythmes actuels, hip-hop et dance. Mais il revient aujourd’hui avec un nouvel album enregistré au Nigeria qui marque le retour aux sources d’un afro-beat roots, rugueux, presque punk.
Le Splendid, 1, place du Mont de
Terre, Lille. Le 13 décembre à 20h
Tarif : 30 a. Tél. : 03 20 33 17 34.
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FM Laeti au New Morning - Concert Soul
Encore une fois, la pochette n’inspire pas confiance. On y voit une jeune chanteuse noire, trop belle, trop lisse. Mais il ne s’agit pas d’une énième diva du r’n’b. Dès les premières notes, toutes nos préventions tombent. L’apparence parfaite n’étouffe pas la bonne chanteuse, à la voix un peu voilée et chaude, FM Laeti, qui pousse la soul comme si elle avait grandi dans le sud des Etats-Unis. Et pourtant, elle est française, et se nomme Lætitia Bourgeois.
Née en Guadeloupe, elle a grandi au Canada, erré à quelques encablures de Chicago. Chaque fois qu’elle quittait un endroit, suivant sa famille, elle prenait soin d’emporter avec elle ses bagages musicaux, Percy Sledge, Otis Redding, mais aussi un petit bout de son île, la biguine. Car elle a toujours voulu chanter, jouer, et a fini par accomplir son rêve, enregistrant son premier album, It Will All Come Around. Avec son complice de l’ombre, François-Marie Dru (d’où peut être le surnom de scène “FM Laeti”), elle a ajouté des orgues, une harpe, un ukulélé et des cuivres, splendide tapisserie pour emballer quelques bijoux mélodieux comme son morceau phare, Rise in the Sun, qui l’a fait connaître, le lent et mélancolique Boy, ou ce Sunken Dream magnifiquement orchestré. On l’a rapprochée un peu vite de l’autre phénomène masculin, Ben l’Oncle Soul, afin de constituer une sorte de famille. Mais, contrairement à son homologue masculin, plus tapageur,
la jeune femme ne cède rien à sa ligne intime, préservant une belle unité de ton, entre douce biguine et soul élégante.
Le 7 novembre à 20 h au New
Morning, 7-9, rue des Petites
Ecuries, 10e. M° Château d’eau.
Tél. : 01 45 23 51 41. Places : 20,80 ¤.
Née en Guadeloupe, elle a grandi au Canada, erré à quelques encablures de Chicago. Chaque fois qu’elle quittait un endroit, suivant sa famille, elle prenait soin d’emporter avec elle ses bagages musicaux, Percy Sledge, Otis Redding, mais aussi un petit bout de son île, la biguine. Car elle a toujours voulu chanter, jouer, et a fini par accomplir son rêve, enregistrant son premier album, It Will All Come Around. Avec son complice de l’ombre, François-Marie Dru (d’où peut être le surnom de scène “FM Laeti”), elle a ajouté des orgues, une harpe, un ukulélé et des cuivres, splendide tapisserie pour emballer quelques bijoux mélodieux comme son morceau phare, Rise in the Sun, qui l’a fait connaître, le lent et mélancolique Boy, ou ce Sunken Dream magnifiquement orchestré. On l’a rapprochée un peu vite de l’autre phénomène masculin, Ben l’Oncle Soul, afin de constituer une sorte de famille. Mais, contrairement à son homologue masculin, plus tapageur,
la jeune femme ne cède rien à sa ligne intime, préservant une belle unité de ton, entre douce biguine et soul élégante.
Le 7 novembre à 20 h au New
Morning, 7-9, rue des Petites
Ecuries, 10e. M° Château d’eau.
Tél. : 01 45 23 51 41. Places : 20,80 ¤.
Jungle Juice fête sa cinquième saison
Jungle Juice fête sa cinquième saison et sa dixième Limited, des soirées où figurent uniquement des artistes de drum’n’bass, contrairement aux soirées “régulières”, qui ouvrent leurs platines notamment aux producteurs de dubstep. Délocalisée pour la première fois à La Machine du Moulin Rouge au lieu du Cabaret Sauvage, le programme s’annonce une nouvelle fois fastueux.
En tête d’affiche, les Néerlandais de Black Sun Empire viendront faire découvrir leur drum’n’ bass ultra-sombre. S’ils s’essayent au dubstep depuis quelque temps, ils ont exploré diverses sonorités durant leurs quinze ans de carrière, s’offrant aussi des ponts vers les FM avec un titre comme Dark Girl, bien plus downtempo et mélancolique. L’un des sets les plus scrutés de la soirée sera sans doute celui du jeune prodige Rockwell, adepte d’une drum’n’bass réduite à sa portion essentielle, à sa quintessence diront certains. Sorte d’alter ego de Burial dans le genre, il est signé sur Shogun Audio, le label de DJ Friction. Sur ses prods très harmonieuses, ses beats étouffés donnent l’impression de claquer sur du velours. Les nappes y sont reposantes, jamais agressives, à l’instar de ses titres Underpass et le bien nommé Stay Calm, pour un set qui s’annonce très apaisant.
Celui qui emballera vraiment le dancefloor sera ShockOne, un Australien installé en Angleterre, signé sur Viper Recordings, et auteur avec Crucify Me d’un hit crossover bruitiste qui devrait le mener sur les traces de ses compatriotes Pendulum, auteurs d’une métamorphose après l’album Hold Your Colours. Au micro, le Britannique Stamina encadrera les différentes troupes et fera office de maître de cérémonie.
Jungle Juice Limited 10, le 5
nov. de 23 h à 5 h à la Machine
du Moulin Rouge, 90, bd de
Clichy, 18e. Entrée : 20-22 €.
En tête d’affiche, les Néerlandais de Black Sun Empire viendront faire découvrir leur drum’n’ bass ultra-sombre. S’ils s’essayent au dubstep depuis quelque temps, ils ont exploré diverses sonorités durant leurs quinze ans de carrière, s’offrant aussi des ponts vers les FM avec un titre comme Dark Girl, bien plus downtempo et mélancolique. L’un des sets les plus scrutés de la soirée sera sans doute celui du jeune prodige Rockwell, adepte d’une drum’n’bass réduite à sa portion essentielle, à sa quintessence diront certains. Sorte d’alter ego de Burial dans le genre, il est signé sur Shogun Audio, le label de DJ Friction. Sur ses prods très harmonieuses, ses beats étouffés donnent l’impression de claquer sur du velours. Les nappes y sont reposantes, jamais agressives, à l’instar de ses titres Underpass et le bien nommé Stay Calm, pour un set qui s’annonce très apaisant.
Celui qui emballera vraiment le dancefloor sera ShockOne, un Australien installé en Angleterre, signé sur Viper Recordings, et auteur avec Crucify Me d’un hit crossover bruitiste qui devrait le mener sur les traces de ses compatriotes Pendulum, auteurs d’une métamorphose après l’album Hold Your Colours. Au micro, le Britannique Stamina encadrera les différentes troupes et fera office de maître de cérémonie.
Jungle Juice Limited 10, le 5
nov. de 23 h à 5 h à la Machine
du Moulin Rouge, 90, bd de
Clichy, 18e. Entrée : 20-22 €.
Doctor Flake / General Elektriks / Chinese Man : French Groove
Les Français ont-ils le sens du groove ? Savent-ils faire bouger les corps et les esprits ? Les musiques les plus groovy (jazz, rhythm and blues, soul, funk, disco, reggae, calypso, samba) sont nées de l’autre côté de l’Atlantique et les Français n’ont clairement pas ces rythmes dans le sang. Pourtant, l’Hexagone commencé à se réveiller avec la French Touch, cette vague de producteurs électroniques (Daft Punk, Dimitri From Paris, Bob Sinclar, Modjo…) nourris au disco et au funk. Après eux, il y a désormais une nouvelle génération de musiciens français, venus du maniement des platines, du sampling et des bidouillages électroniques, qui possède un incroyable sens du groove. Parmi eux, Doctor Flake, General Elektriks et Chinese Man. Adepte du sampling, Doctor Flake construit un abstract hip-hop énergique, mélancolique et poétique, comme sur son récent « Flake Up ». General Elektriks est également dans l’actualité cet automne avec un nouvel album baptisé « Parker Street ». Fan de Sly Stone et de Curtis Mayfield, il offre un hip-hop organique, aux tourneries funk et aux mélodies pop. Enfin, le collectif marseillais Chinese Man, aux fameuses « Groove Sessions », mixe son triphop avec du funk, du dub, du reggae et du hip-hop. Imparable sur scène, comme Doctor Flake et General Elektriks. •
Doctor Flake. La Péniche, avenue Cuvier, Lille. Le 29 octobre à 20h.
Tarif : 10 a. Tél. : 03 20 57 14 40.
www.lapeniche-lille.com.
General Elektriks. Le Grand Mix, 5, place
Notre-Dame, Tourcoing. Le 6 novembre à 18h. Tarifs : 14 et 17 a.
Tél. : 03 20 70 10 00.
www.legrandmix.com.
Chinese Man. Le Splendid, 1, place du Mont de Terre, Lille.
Le 10 novembre à 20h.
Tarif : 25,30 a.
Tél. : 03 20 33 17 34.
www.le-splendid.com
Doctor Flake. La Péniche, avenue Cuvier, Lille. Le 29 octobre à 20h.
Tarif : 10 a. Tél. : 03 20 57 14 40.
www.lapeniche-lille.com.
General Elektriks. Le Grand Mix, 5, place
Notre-Dame, Tourcoing. Le 6 novembre à 18h. Tarifs : 14 et 17 a.
Tél. : 03 20 70 10 00.
www.legrandmix.com.
Chinese Man. Le Splendid, 1, place du Mont de Terre, Lille.
Le 10 novembre à 20h.
Tarif : 25,30 a.
Tél. : 03 20 33 17 34.
www.le-splendid.com
General Elektriks "Summer is Here" from Arno Salters on Vimeo.
Motörhead / Alice Cooper : Concert Zénith
À trois jours d’intervalle, Lille accueille deux monstres sacrés du heavy rock metal : Lemmy Kilmister et Alice Cooper. Le premier sera à la tête de son power trio Motörhead, incroyable machine scénique qui défend un heavy rock puissant et combustible, nourri de speed et de trash metal. Depuis 35 ans, le gang sillonne la planète avec une énergie phénoménale et des cartouches d’acier en bandoulière (les hits « Ace Of Spades », « Overkill », « Iron Fist », « Bomber »…). De son côté, Alice Cooper se révèle un showman incroyable. Durant ses grandes années, les années 1970, ses spectacles alliaient musique hard rock/heavy metal avec tout un décorum de films d’horreur (chaise électrique, guillotine, faux sang, serpents et araignées). Jouant à fond sur l’imagerie de l’épouvante et du cauchemar, Alice Cooper a traversé les décennies avec son « shock rock », aujourd’hui davantage bon enfant que réellement provocant. •
Zénith, 1, boulevard des Cités-Unies,
Lille. Motörhead. Le 31 octobre à
20h. Tarifs : 44,40 et 49,90 a.
Alice Cooper. Le 3 novembre à 20h.
Tarifs : de 45,50 à 56,50 a.
Tél. : 03 20 14 15 16.
www.zenithdelille.com
Zénith, 1, boulevard des Cités-Unies,
Lille. Motörhead. Le 31 octobre à
20h. Tarifs : 44,40 et 49,90 a.
Alice Cooper. Le 3 novembre à 20h.
Tarifs : de 45,50 à 56,50 a.
Tél. : 03 20 14 15 16.
www.zenithdelille.com
Concert Mustang : Rock Français
Pour les membres de Mustang, le challenge était simple : comment dépasser la sensation de “jolie découverte” pour s’imposer comme un groupe solidement ancré dans le paysage rock français actuel et à venir ? Encore une fois, l’épineux passage du statut d’outsider à celui d’artiste confirmé se devait de révéler – avec flamboyance, ou du moins une grosse dose d’audace – que le trio emmené par le le guitariste- chanteur Jean Felzine n’a rien d’une simple bulle rock fifties docilement soufflée par l’air du temps. Avec son superbe second album Tabou, le combo clermontois remanie avec brio son patrimoine musical hérité du rock’n’roll brut d’Elvis Presley ou de Roy Orbison et de la pop française des années yéyé.
Aussi impeccable que la protubérante banane arborée par son leader, les chansons de Mustang oscillent avec légèreté et arrogance grivoise entre rockabilly (Ramper), rock synthétique au romantisme désuet (Qu’est-ce qui se passe ?) et ballades symphoniques pour dancing à la déco vintage (on ne se lasse pas de fantasmer sur l’ambiance surannée et frivole du Golf Drouot en écoutant le superbe Restons amants). Si le premier album A71 semblait tremper dans une essence passéiste assumée, Tabou donne à Mustang l’occasion de flirter avec son temps – entre contradictions inconscientes et revendications brouillonnes.
Les lignes de claviers passées au filtre post-punk de Mathématiques ou les intonations hâbleuses de Felzine sur la chanson titre du disque invoquent aussi bien la retenue contemplative de Bashung que l’extravagance émotionnelle qui habite la voix de Daniel Darc. Maintenant, c’est sûr et c’est entendu, le rock made in France a trouvé son bolide pour filer à toute vitesse vers les sommets : la liberté apparaît plus belle au volant d’une Mustang lancée plein pot.
Le 27 octobre à 19 h 30 à la
Gaité-Lyrique, 3 bis, rue Papin, 3e.
M° Réaumur-Sébastopol.
Places : 17,80 ¤.
Aussi impeccable que la protubérante banane arborée par son leader, les chansons de Mustang oscillent avec légèreté et arrogance grivoise entre rockabilly (Ramper), rock synthétique au romantisme désuet (Qu’est-ce qui se passe ?) et ballades symphoniques pour dancing à la déco vintage (on ne se lasse pas de fantasmer sur l’ambiance surannée et frivole du Golf Drouot en écoutant le superbe Restons amants). Si le premier album A71 semblait tremper dans une essence passéiste assumée, Tabou donne à Mustang l’occasion de flirter avec son temps – entre contradictions inconscientes et revendications brouillonnes.
Les lignes de claviers passées au filtre post-punk de Mathématiques ou les intonations hâbleuses de Felzine sur la chanson titre du disque invoquent aussi bien la retenue contemplative de Bashung que l’extravagance émotionnelle qui habite la voix de Daniel Darc. Maintenant, c’est sûr et c’est entendu, le rock made in France a trouvé son bolide pour filer à toute vitesse vers les sommets : la liberté apparaît plus belle au volant d’une Mustang lancée plein pot.
Le 27 octobre à 19 h 30 à la
Gaité-Lyrique, 3 bis, rue Papin, 3e.
M° Réaumur-Sébastopol.
Places : 17,80 ¤.
dEUS, une mélancolie qui vient de loin
Le nouvel album de dEUS, “Keep You Close”, n’a peut-être pas l’intensité de leurs chefs-d’oeuvre “The Ideal Crash” et “Pocket Revolution”, mais il contient de très bonnes chansons, qui se révèlent au fil des écoutes. Après dix-neuf ans d’activité, la formation belge continue de se renouveler.
"Quand j’avais dix-sept ans, je voyageais avec ma guitare, je jouais un peu partout à la terrasse des cafés, j’ai même chanté aux Halles, à Paris. Je dormais dans des campings, chez des gens. J’achetais un ticket InterRail, qui me permettait d’aller partout en Europe. C’est comme ça que j’ai rencontré les autres musiciens de dEUS. Nous jouions tous dans les rues. J’en voyais un qui reprenait une chanson de John Cale, cela m’intéressait, j’allais le voir, et c’est ainsi que nous avons fait connaissance. Je chantais R.E.M., Bob Dylan, Neil Young… Un jour, je n’avais plus d’argent, j’ai donc dû tendre le chapeau pour gagner un peu de sous et rentrer chez moi. C’était urgent car la rentrée scolaire arrivait. Je devais donc plaire pour que les gens aient envie de donner ! Je me rappelle avoir été plus nerveux devant une terrasse avec quelques personnes que dans une salle de trois mille places. Quand je joue avec dEUS, les gens paient pour me voir, mais devant une terrasse, ils ne payaient pas, et étaient parfois même irrités. Il fallait gagner le public."
Tom Barman.
Discographie
“Worst Case Scenario”
(1994)
“In a Bar, Under the
Sea” (1996)
“The Ideal Crash”
(1999)
“Pocket Revolution”
(2005)
“Vantage Point” (2008)
“Keep You Close” (2011)
A voir
dEUS en concert le 24 octobre
à 20 h au Trianon, 80, bd
Rochechouart, 18e. M° Anvers.
Tél. : 01 44 92 78 00.
Places : 34 €.
"Quand j’avais dix-sept ans, je voyageais avec ma guitare, je jouais un peu partout à la terrasse des cafés, j’ai même chanté aux Halles, à Paris. Je dormais dans des campings, chez des gens. J’achetais un ticket InterRail, qui me permettait d’aller partout en Europe. C’est comme ça que j’ai rencontré les autres musiciens de dEUS. Nous jouions tous dans les rues. J’en voyais un qui reprenait une chanson de John Cale, cela m’intéressait, j’allais le voir, et c’est ainsi que nous avons fait connaissance. Je chantais R.E.M., Bob Dylan, Neil Young… Un jour, je n’avais plus d’argent, j’ai donc dû tendre le chapeau pour gagner un peu de sous et rentrer chez moi. C’était urgent car la rentrée scolaire arrivait. Je devais donc plaire pour que les gens aient envie de donner ! Je me rappelle avoir été plus nerveux devant une terrasse avec quelques personnes que dans une salle de trois mille places. Quand je joue avec dEUS, les gens paient pour me voir, mais devant une terrasse, ils ne payaient pas, et étaient parfois même irrités. Il fallait gagner le public."
Tom Barman.
Discographie
“Worst Case Scenario”
(1994)
“In a Bar, Under the
Sea” (1996)
“The Ideal Crash”
(1999)
“Pocket Revolution”
(2005)
“Vantage Point” (2008)
“Keep You Close” (2011)
A voir
dEUS en concert le 24 octobre
à 20 h au Trianon, 80, bd
Rochechouart, 18e. M° Anvers.
Tél. : 01 44 92 78 00.
Places : 34 €.
Le mois du piano ( Concert Jazz au Duc des Lombards )
Les amateurs de piano jazz savent où ils passeront la semaine : au Duc des Lombards. Quelques solides musiciens s’y succèdent durant le mois d’octobre. Le festival qui ne dit pas son nom commence avec le Cubain Harold Lopez Nussa, émule de Keith Jarrett, mais au jeu bouillant . Il sera suivi du pianiste franco-américain Jacky Terrasson avec son trio : un artiste atypique, toujours passionnant, dont le style alerte ne laisse jamais indifférent. Il a joué avec Cassandra Wilson, Michel Portal, oscillé entre un certain classicisme et l’avant-garde. Enfin, la semaine se termine avec Joey Calderazzo, une découverte de Branford Marsalis, un maître du hard bop (du 17 au 19). Trois poètes du piano aux styles bien différents.
Duc des Lombards, 42, rue
des Lombards, 1er.
M° Châtelet-Les Halles.
Tél. : 01 42 33 22 88.
A 20 h et 22 h. 35 € (Jacky
Terrasson), 28 € (Harold
Lopez Nussa et Calderazzo).
Duc des Lombards, 42, rue
des Lombards, 1er.
M° Châtelet-Les Halles.
Tél. : 01 42 33 22 88.
A 20 h et 22 h. 35 € (Jacky
Terrasson), 28 € (Harold
Lopez Nussa et Calderazzo).
FESTIVAL – LES INROCKS BLACK XS
Le festival Les inRocKs Black XS s’ouvrira le mercredi 2 novembre prochain. Au programme, sept jours de concerts dans toute la France, entre Paris, Nantes, Toulouse, Caen, Marseille, Lille et Lyon. Pour l’occasion, découvrez la playlist officielle de l’événement : du rock impulsif de Wu Lyf à l’électro baroque de Sebastian, sans oublier Anna Calvi et ses inspirations magnétiques.
Découvrez la radio Festival des Inrocks
Du 2 au 8 novembre à Paris, Lille, Caen, Nantes, Lyon, Marseille, Toulouse.
La 24e édition du Festival des Inrocks propose près de 80 concerts. Anna Calvi, WU LYF, SebastiAn et une quarantaine d’autres groupes affirmeront l’équilibre entre jeunes pousses et artistes confirmés.
http://blogs.lesinrocks.com/festival-les-inrocks/
Le Festival Les Inrocks 2011 est sur Deezer,
Ecoutez la programmation !
Découvrez la radio Festival des Inrocks
Du 2 au 8 novembre à Paris, Lille, Caen, Nantes, Lyon, Marseille, Toulouse.
La 24e édition du Festival des Inrocks propose près de 80 concerts. Anna Calvi, WU LYF, SebastiAn et une quarantaine d’autres groupes affirmeront l’équilibre entre jeunes pousses et artistes confirmés.
http://blogs.lesinrocks.com/festival-les-inrocks/
Random Axe - Concert Hip Hop
Décidément, on ne peut pas faire confiance à un rappeur. Lorsque Black Milk (le producteur rap le plus scruté de la scène underground US de ces cinq dernières années) nous annonçait en 2008, pas peu fier, que son projet de supergroupe hip hop nous scierait les pattes dans les six mois à venir, on l’avait cru, totalement
sous l’emprise d’une fascination largement avouée dans ces pages. Trois ans d’impatience et de frustration plus tard, le power trio rap Random Axe, composé de Sean Price, Guilty Simpson et l’ami Black Milk, déboule enfin dans les bacs et sur les planches parisiennes. Si les délais d’attente ont explosé, c’est que les
chefs étoilés de la nouvelle scène hip hop new-yorkaise ont pris leur temps. Rythmiques extraterrestres, mélopées de piano rabotées sur l’autel de l’efficacité, ambiances millénaristes et flows de prédicateurs vous atteignent droit au coeur. C’est que les loulous savent y faire pour perturber nos positions. On vous promet
la lune en vous aspirant vers le haut à coups de basses caoutchouteuses étirées, on vous plaque au sol en balançant des beats accrochés à des enclumes pour finalement vous laisser sonnés, mais ravis. Vous voilà prévenus, la venue du combo est à ne pas manquer. Assurément, la soirée hip hop du mois !
Random Axe, le 18 octobre
à 20 h à la Bellevilloise,
19-21, rue Boyer, 20e. M°
Gambetta ou Ménilmontant.
Places : 28,60 €.
Random Axe - Everybody Nobody Somebody
sous l’emprise d’une fascination largement avouée dans ces pages. Trois ans d’impatience et de frustration plus tard, le power trio rap Random Axe, composé de Sean Price, Guilty Simpson et l’ami Black Milk, déboule enfin dans les bacs et sur les planches parisiennes. Si les délais d’attente ont explosé, c’est que les
chefs étoilés de la nouvelle scène hip hop new-yorkaise ont pris leur temps. Rythmiques extraterrestres, mélopées de piano rabotées sur l’autel de l’efficacité, ambiances millénaristes et flows de prédicateurs vous atteignent droit au coeur. C’est que les loulous savent y faire pour perturber nos positions. On vous promet
la lune en vous aspirant vers le haut à coups de basses caoutchouteuses étirées, on vous plaque au sol en balançant des beats accrochés à des enclumes pour finalement vous laisser sonnés, mais ravis. Vous voilà prévenus, la venue du combo est à ne pas manquer. Assurément, la soirée hip hop du mois !
Random Axe, le 18 octobre
à 20 h à la Bellevilloise,
19-21, rue Boyer, 20e. M°
Gambetta ou Ménilmontant.
Places : 28,60 €.
Random Axe - Everybody Nobody Somebody
CONCERT – BJØRN BERGE
CONCERT – BJØRN BERGE
Le 12 octobre au New Morning.
Aucun doute à son sujet : Bjørn Berge est un virtuose comme il en existe peu. Tous ceux qui l’ont vu en concert peuvent témoigner de sa maîtrise époustouflante de la guitare à douze cordes et de la fluidité bouleversante de son jeu de slide. “Homme-orchestre” mystérieux, il affiche une énergie inédite.
Cascadeur ( The Human Octopus ) Concert Cigale
Le casque de pilote de chasse est un indice : la musique que compose Cascadeur évolue bien au-dessus du sol. Cet Alexandre masqué possède à la fois le goût des énigmes et le don de divulguer des mélodies sensibles à l’extrême.
Arrangements soignés – arpèges de guitare, piano, cordes, chorale
juvénile – et chant de la mélancolie, son premier album The Human Octopus lui vaut
une nomination méritée pour le prix Constantin.
La Cigale, 120, bd de Rochechouart, 18e. M° Pigalle
ou Anvers. A 19 h. Pl. : 27 €.
Arrangements soignés – arpèges de guitare, piano, cordes, chorale
juvénile – et chant de la mélancolie, son premier album The Human Octopus lui vaut
une nomination méritée pour le prix Constantin.
La Cigale, 120, bd de Rochechouart, 18e. M° Pigalle
ou Anvers. A 19 h. Pl. : 27 €.
Concert électro/Brésil : Da Cruz
Direction le Batofar, où nous attend Marianna Da Cruz, dont l’album Sistema Subversiva est une belle surprise. Le pedigree de cette musicienne explosive et très hot a tout ce qu’il faut pour charmer le public parisien : elle nous vient du Brésil, et, comme beaucoup d’artistes de sa génération, elle n’est pas seulement l’ambassadrice de la bossa et de la samba, mais plonge sa musique dans un bain électro régénérateur, tout en se permettant quelques chansons douces. Un talent du futur.
Batofar, face au 11, quai
François Mauriac, 13e.
M° Bibliothèque François
Mitterrand. Tél. : 01 45 21 06
78. A 19 h. Places : 18 €.
Batofar, face au 11, quai
François Mauriac, 13e.
M° Bibliothèque François
Mitterrand. Tél. : 01 45 21 06
78. A 19 h. Places : 18 €.
Concert Folk : This Is The Kit
Quand elle chante sur des arpèges folk ou des délicatesses au banjo, l’Anglaise Kate Stables égale allègrement les mélodies de Laura Veirs. Mais son Wriggle Out the Restless – produit par Morning Star – connaît aussi des séquences électriques. Une belle collection d’états d’âme joliment mis en mélodies.
Auteur l'année passée de son second album, Kate Stables, alias This Is The Kit, fera escale à l'Espace B de Paris le 30 septembre prochain en compagnie de The Magic Lantern lors d'une soirée faisant la part-belle au folk sous toutes ses formes.
Espace B, 16, rue
Barbanègre, 19e.
M° Corentin Cariou. A 20 h 30.
Places : 5 €.
www.thisisthekit.co.uk
www.myspace.com/themagiclantern
Auteur l'année passée de son second album, Kate Stables, alias This Is The Kit, fera escale à l'Espace B de Paris le 30 septembre prochain en compagnie de The Magic Lantern lors d'une soirée faisant la part-belle au folk sous toutes ses formes.
Espace B, 16, rue
Barbanègre, 19e.
M° Corentin Cariou. A 20 h 30.
Places : 5 €.
www.thisisthekit.co.uk
www.myspace.com/themagiclantern
Concert : Zola Jesus - Conatus
De prime abord, ce nouveau blond platine lui va plutôt bien. De toute façon, on préfèrera toujours Nika Roza Danilova ainsi plutôt que dégoulinante de goudron – voir la pochette de Stridulum II, paru l’année dernière. Et cette réforme de
la couleur ne se limite pas aux cheveux : blanche comme un linceul, Zola Jesus reconnaît, assume, confesse qu’avec Conatus (sortie ce 26 septembre), elle a cherché à sonner plus pop. C’est courageux. Car dans la mouvance witch house (combinaison d’électronique et de gothique ; “witch” signifie “sorcière”), “pop”
est quasiment un gros mot. Mais que les adeptes du groupe Salem et de la magie noire de Zola Jesus première version soient rassurés : l’Américaine qui a grandi dans un trou du Wisconsin n’a mis qu’un léger bémol à son Stridulum. Conatus garde quelques souvenirs de la musique industrielle – dans les battements va-t-en-guerre –
et les séquenceurs dirigent la manoeuvre. Des accords de piano en suspension permettent à Zola Jesus de placer sa voix à la Patti Smith. A ceci près que, dogme gothique, le chant émane des profondeurs d’une chambre d’échos. Avec Avalanche, Ixode, Seekir, et quand le disque s’emballe, c’est une joie de quitter la catacombe.
Une chauve-souris blanche frappe à la porte des radios, fait toc-toc à l’entée de la discothèque. Un drôle de tempérament qui se manifeste aussi en public.
Le 28 septembre à 20 h au
Point Ephémère, 190, quai
de Valmy, 10e. M° Jaurès.
Places : 15 ¤
la couleur ne se limite pas aux cheveux : blanche comme un linceul, Zola Jesus reconnaît, assume, confesse qu’avec Conatus (sortie ce 26 septembre), elle a cherché à sonner plus pop. C’est courageux. Car dans la mouvance witch house (combinaison d’électronique et de gothique ; “witch” signifie “sorcière”), “pop”
est quasiment un gros mot. Mais que les adeptes du groupe Salem et de la magie noire de Zola Jesus première version soient rassurés : l’Américaine qui a grandi dans un trou du Wisconsin n’a mis qu’un léger bémol à son Stridulum. Conatus garde quelques souvenirs de la musique industrielle – dans les battements va-t-en-guerre –
et les séquenceurs dirigent la manoeuvre. Des accords de piano en suspension permettent à Zola Jesus de placer sa voix à la Patti Smith. A ceci près que, dogme gothique, le chant émane des profondeurs d’une chambre d’échos. Avec Avalanche, Ixode, Seekir, et quand le disque s’emballe, c’est une joie de quitter la catacombe.
Une chauve-souris blanche frappe à la porte des radios, fait toc-toc à l’entée de la discothèque. Un drôle de tempérament qui se manifeste aussi en public.
Le 28 septembre à 20 h au
Point Ephémère, 190, quai
de Valmy, 10e. M° Jaurès.
Places : 15 ¤
Stacey Kent - Concert L’Estival-de-Saint- Germain-en-Laye
La chanteuse américaine Stacey Kent, installée en Grande- Bretagne, séduit aujourd’hui un large public. Il faut dire qu’elle mène sa carrière astucieusement, mélangeant jazz et reprises de standards pop, souvent cuisinés avec de la musique brésilienne. Dans ce choix, elle n’a pas oublié le public français qui devrait réserver un bel accueil aux chansons de son nouvel album Raconte-moi. Elle y reprend le morceau de Benjamin Biolay et Keren Ann Jardin d’hiver, mais aussi d’autres thèmes, tous chantés dans notre langue avec cet accent piquant qui fait son charme. Elle est la vedette de la 5e édition du festival Jazz en boucle, qui se tient jusqu’au 25 septembre au Théâtre Saint-Maur. Elle se produira aussi au festival L’Estival-de-Saint- Germain-en-Laye (Théâtre Alexandre-Dumas) le 8 octobre.
Concert Fortes têtes
Four Tet est un héros très discret de l’électro. Loué pour ses arabesques sonores, il est devenu au cours de la dernière décennie l’un des remixeurs les plus courus d’Angleterre, non pas pour sa propension à rendre un titre plus dansant, mais pour son talent à déconstruire et à reconstruire quasiment un nouveau morceau. Il a d’ailleurs fait de cet art le concept d’un album entier, la double compilation “Remixes”, avec un disque “remixé” et un disque “remixeur”. Souvent considéré comme un explorateur de la musique électronique, quand il ne fait pas office de pionnier, il a également formé il y a quelques mois un groupe avec le mystérieux producteur dubstep anglais Burial et Thom Yorke de Radiohead, le temps d’un maxi, Ego/Mirror, au succès immédiat. Dernièrement, Four Tet a été chargé par Fabric de préparer un mix pour le 59e volume de la série FabricLive, et c’est la raison pour laquelle il est au Rex Club ce jeudi, dans le cadre de la soirée London to Paris. Il jouera sans doute quelques tracks de ce mix, dont ceux de Krazy Baldhead, Burial, Ricardo Villalobos, ou du Britannique Floating Points, qui l’accompagnera (avec Casper C, un petit jeune bien éduqué de Camden) dans la cabine DJ du Rex. Floating Points, repéré grâce à son EP Vacuum Boogie il y a deux ans, fait lui aussi partie de ces artistes insaisissables de l’électro, comme en témoigne son projet Floating Points Ensemble, un orchestre de seize musiciens qu’il dirige derrière son clavier Fender Rhodes. Avec ces deux-là, le spectre musical s’élargit comme rarement, et ce jeudi, vos pavillons suivront à coup sûr le même mouvement.
S.B.
London To Paris, le 22 sept. à 23 h 30 au Rex
Club, 5, bd Poissonnière, 2e. Mo Bonne Nouvelle.
Tél. : 01 42 36 10 96. Entrée : 10-15 €.
S.B.
London To Paris, le 22 sept. à 23 h 30 au Rex
Club, 5, bd Poissonnière, 2e. Mo Bonne Nouvelle.
Tél. : 01 42 36 10 96. Entrée : 10-15 €.
Concert Anna Calvi
L’Angleterre a un chic certain pour provoquer des engouements factices. Reste que la musique d’Anna Calvi nous a tout de suite parlés : voix grave et silhouette fluette, musique sensuelle et péremptoire, cette Britannique singulière a créé la sensation l’hiver dernier avec un répertoire qui ne doit rien à personne (sauf peut-être Edith Piaf, dont elle reprend le « Jezebel », ou Jeff Buckley) : au lieu des guitares distordues de la brit-pop, les arpèges cristallins et menaçants d’une Fender Stratocaster, à la place des miaulements prétentieux à la Oasis, une voix évoquant plaisirs et tourments… Pas de crâneries de surface, mais la retenue et l’explosivité d’une pasionaria vêtue de l’habit rouge sang d’un torero. Puissant,
instinctif, le premier album de cette jeune femme de 28 ans a déjà tout d’une pierre d’angle sur laquelle devrait reposer une carrière solide. Enregistré dans un soussol pendant trois ans (ce qui en dit long sur l’abnégation et le perfectionnisme
de ce brin de femme), ce rock a quelque chose de cosmique : il doit autant à Nina
Simone pour son ampleur émotionnelle, à Ennio Morricone pour sa dramaturgie cinéphilique, qu’aux groupes new wave pour sa capacité à s’enfoncer dans les ténèbres afin d’en ressortir illuminé. Une pop-rock belle et sauvage comme un cheval qui s’emballe, portée par l’harmonium de Mally Harpaz et la batterie de Daniel Maiden-Wood, auquel le public a pu goûter lors d’un passage confidentiel au printemps au Café Julien. Anna et ses musiciens reviennent dans une jauge supérieure pour un live qui s’annonce une nouvelle fois fort en émotions. •
Espace Julien, 39, cours Julien,
Marseille 6e. Le 24 septembre à
19h30. Tarif : 25,20 a.
Tél. : 04 91 24 34 10.
www.espace-julien.com
instinctif, le premier album de cette jeune femme de 28 ans a déjà tout d’une pierre d’angle sur laquelle devrait reposer une carrière solide. Enregistré dans un soussol pendant trois ans (ce qui en dit long sur l’abnégation et le perfectionnisme
de ce brin de femme), ce rock a quelque chose de cosmique : il doit autant à Nina
Simone pour son ampleur émotionnelle, à Ennio Morricone pour sa dramaturgie cinéphilique, qu’aux groupes new wave pour sa capacité à s’enfoncer dans les ténèbres afin d’en ressortir illuminé. Une pop-rock belle et sauvage comme un cheval qui s’emballe, portée par l’harmonium de Mally Harpaz et la batterie de Daniel Maiden-Wood, auquel le public a pu goûter lors d’un passage confidentiel au printemps au Café Julien. Anna et ses musiciens reviennent dans une jauge supérieure pour un live qui s’annonce une nouvelle fois fort en émotions. •
Espace Julien, 39, cours Julien,
Marseille 6e. Le 24 septembre à
19h30. Tarif : 25,20 a.
Tél. : 04 91 24 34 10.
www.espace-julien.com
Le maxi week-end de Minus-Soirée Rex Club
La nouvelle de l’été dans le milieu des DJ’s concernait Minus, l’un des labels majeurs de la musique électronique, mené par Richie Hawtin, alias Plastikman,
Canadien formé à Detroit et installé à Berlin. Trois de ses plus fidèles lieutenants, la Polonaise Magda, l’Américain Troy Pierce et le Canadien Marc
Houle, tous promoteurs d’une techno minimale qui aura dominé une bonne partie des débats dans la dernière décennie, ont décidé de quitter Minus pour aller former leur propre label, Items and Things. Il est donc assez croustillant de voir les
deux derniers à l’affiche du Rex pour la double soirée “48H00 with Minus”. Samedi, le week-end commence avec Troy Pierce et Heartthrob, Américain lui aussi exilé dans la capitale allemande, et adepte d’une techno hypnotique et glaciale. Ces deux-là auraient préparé un set spécial pour l’occasion. Ils seront accompagnés de John Gaiser, auteur du hit “Oolooloo”, et de Hobo, compositeur du bondissant “Symptom”.
Dimanche soir suivront l’Italien Fabrizio Maurizi, dont les sets comme les disques sont bâtis comme des autoroutes de techno qui portent le danseur toute la nuit, et l’Espagnol Paco Osuna, résident du Club4 à Barcelone. Le point d’orgue de la soirée sera le live de Marc Houle dont les hits “Techno Vocals” ou “Bay of Figs” font toujours un effet monstre en club. Producteur prolifique, Marc Houle peut désormais grâce à Items and Things publier les centaines de tracks inédits qu’ilgarde en stock et distille au fil de ses sets. Après avoir fait le plein de réputation au sein de l’écurie de Minus, il semblerait que la vision autoritaire de Richie Hawtin l’ait un peu lassé. Si Houle, Magda et Pierce réfutent toute grosse engueulade, on devine quelques différends artistiques dans leurs récentes interviews : « Il y a toujours des limitations quand tu n’es pas le propriétaire du label. Minus a une direction artistique très stricte, Richie des idées pour le futur, et il gère le label dans ce sens. » Si on ne sait pas trop quel crédit accorder aux déclarations du trio concernant leur lassitude des “top clubs”, et l’envie de « revenir dans des endroits underground », on se doute aussi qu’ils n’ont pas envie de perdre la rentrée d’argent vitale que constitue le fait d’être booké en tant que DJ de chez Minus. Et si ça permet de monter des plateaux d’exception comme celui du week-end, profitons-en. S.B.
Soirée “48h00 with Minus”, samedi
10 et dimanche 11 septembre
à minuit au au Rex Club, 5, bd
Poissonnière, 2e. Entrée : 15 €, 12 €
en prévente (pass 2 nuits : 20 €).
Canadien formé à Detroit et installé à Berlin. Trois de ses plus fidèles lieutenants, la Polonaise Magda, l’Américain Troy Pierce et le Canadien Marc
Houle, tous promoteurs d’une techno minimale qui aura dominé une bonne partie des débats dans la dernière décennie, ont décidé de quitter Minus pour aller former leur propre label, Items and Things. Il est donc assez croustillant de voir les
deux derniers à l’affiche du Rex pour la double soirée “48H00 with Minus”. Samedi, le week-end commence avec Troy Pierce et Heartthrob, Américain lui aussi exilé dans la capitale allemande, et adepte d’une techno hypnotique et glaciale. Ces deux-là auraient préparé un set spécial pour l’occasion. Ils seront accompagnés de John Gaiser, auteur du hit “Oolooloo”, et de Hobo, compositeur du bondissant “Symptom”.
Dimanche soir suivront l’Italien Fabrizio Maurizi, dont les sets comme les disques sont bâtis comme des autoroutes de techno qui portent le danseur toute la nuit, et l’Espagnol Paco Osuna, résident du Club4 à Barcelone. Le point d’orgue de la soirée sera le live de Marc Houle dont les hits “Techno Vocals” ou “Bay of Figs” font toujours un effet monstre en club. Producteur prolifique, Marc Houle peut désormais grâce à Items and Things publier les centaines de tracks inédits qu’ilgarde en stock et distille au fil de ses sets. Après avoir fait le plein de réputation au sein de l’écurie de Minus, il semblerait que la vision autoritaire de Richie Hawtin l’ait un peu lassé. Si Houle, Magda et Pierce réfutent toute grosse engueulade, on devine quelques différends artistiques dans leurs récentes interviews : « Il y a toujours des limitations quand tu n’es pas le propriétaire du label. Minus a une direction artistique très stricte, Richie des idées pour le futur, et il gère le label dans ce sens. » Si on ne sait pas trop quel crédit accorder aux déclarations du trio concernant leur lassitude des “top clubs”, et l’envie de « revenir dans des endroits underground », on se doute aussi qu’ils n’ont pas envie de perdre la rentrée d’argent vitale que constitue le fait d’être booké en tant que DJ de chez Minus. Et si ça permet de monter des plateaux d’exception comme celui du week-end, profitons-en. S.B.
Soirée “48h00 with Minus”, samedi
10 et dimanche 11 septembre
à minuit au au Rex Club, 5, bd
Poissonnière, 2e. Entrée : 15 €, 12 €
en prévente (pass 2 nuits : 20 €).
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