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Les Nuits capitales 2

Artistes en vue et hors circuit
Les Nuits capitales sont aussi l’occasion de découvrir d’autres secteurs de la ville, d’autres repaires pour initiés ou non. Et les artistes dans tout ça ? Le festival qui entend « redonner des couleurs à la nuit parisienne et faire tomber les barrières entre toutes les musiques qui en sont l’âme » voit large : du jazz aux musiques électroniques en passant par les musiques du monde, le hip hop, le rock ou la chanson. En somme, des dizaines de découvertes et plein de gens que l’on suit, dont Albin de la Simone et Sandra Nkaké (au Centquatre, le 14) ; Bombino (à la Dynamo, le 15) ; Akhenaton et Laurent Garnier (au Rex Club, le 16) ; Viva And The Diva (à La Maroquinerie, le 17) ; Jeff Mills (au Rex Club, le 19) ou encore DJ Chloé
(au Rex Club, le 20) – liste loin d’être exhaustive. Mais la singularité des Nuits capitales réside dans son programme “hors circuit”. A ce titre figurent des événements dans des lieux insolites : un concert de Paul Personne dans les locaux de Ouï FM ; des croisières électro sur la Seine ; une soirée de glisse et de house music à la patinoire Pailleron ; un bus dancefloor roulant ; ou encore la possibilité d’assister aux répétitions de No One Is Innocent et Erevan Tusk aux studios Smom. Magnétisme des Nuits capitales.



Les Nuits capitales # 2, du 14 au
20 novembre dans divers lieux à
Paris et en banlieue. Informations
sur www.nuitscapitales.com.

Edit piaffe au Rex - Soirée électro

La soirée Edit, dont le Rex Club accueille ce jeudi la troisième édition, est le résultat des efforts combinés d’une poignée de DJ’s habitués des platines parisiennes (Freeworker, Soulist, Psycut, Da Vince, Koko et Nick V) pour obtenir un créneau dans le temple électro de la capitale. Ils ont tapé fort avec leur première soirée, au début de l’année, en faisant venir deux Anglais ayant le vent en poupe, Floating Points et Benji B, et poursuivi en mai avec Seiji des Bugz in the Attic, et Mark De Clive, deux DJ’s de broken beat, un style qui n’a pas souvent eu droit de cité dans une programmation plutôt orientée techno.

En ouvrant ses portes à des organisateurs indépendants, le Rex Club retrouve ainsi un peu d’éclectisme électronique. Rebelote donc ce jeudi avec Ben Westbeech et Zed Bias, deux Anglais sortis de l’ombre par Gilles Peterson. Le “trendsetter” de Radio One est allé récupérer Zed Bias, pionnier du 2-step et fossile du dubstep, en stand-by depuis son hit Neighbourhood il y a onze ans, et s’est logiquement entiché de Ben Westbeech. Il faut dire que ce dernier a le profil du “usual suspect” pour l’animateur de Worldwide. Musicien de formation (violoncelle, piano), il se situe aux confins de la house, de la soul et du hip hop, sautant allègrement de l’un à l’autre sur son premier album Welcome to the Best Years of Your Life, qui a si bien plongé Peterson dans une nostalgie acid jazz qu’il l’a publié sur son label Brownswood. Westbeech revient ce mois-ci avec There’s More to Life Than This, une commande du fameux label de house new-yorkais Strictly Rhythm (hébergeur ponctuel de Masters at Work, Ultra Naté ou Osunlade). Du coup, le producteur de Bristol s’est mis au diapason, et le disque penche un peu plus vers la house vocale. Sur un album quasiment conceptuel mais assez inégal en termes de qualité (même s’il n’y a pas grandchose à redire sur la production), on aurait pu penser qu’il y avait de quoi cerner de plus près le bonhomme. Au final, on n’est pas beaucoup plus avancé, puisqu’il brouille les pistes avec une liste d’invités très variés (Motor City Drum Ensemble, Henrik Schwarz, MJ Cole...). Difficile donc de prédire ce qu’il jouera ce jeudi. Mais ce qui est sûr, c’est que son éclectisme sert les intérêts de tout le monde.


Soirée Edit, avec Ben
Westbeech et Zed Bias,
jeudi 20 octobre à partir
de 23 h 30 au Rex Club, 5, bd
Poissonnière, 2e. Mo Bonne
Nouvelle. Entrée gratuite.


Le maxi week-end de Minus-Soirée Rex Club

La nouvelle de l’été dans le milieu des DJ’s concernait Minus, l’un des labels majeurs de la musique électronique, mené par Richie Hawtin, alias Plastikman,
Canadien formé à Detroit et installé à Berlin. Trois de ses plus fidèles lieutenants, la Polonaise Magda, l’Américain Troy Pierce et le Canadien Marc
Houle, tous promoteurs d’une techno minimale qui aura dominé une bonne partie des débats dans la dernière décennie, ont décidé de quitter Minus pour aller former leur propre label, Items and Things. Il est donc assez croustillant de voir les
deux derniers à l’affiche du Rex pour la double soirée “48H00 with Minus”. Samedi, le week-end commence avec Troy Pierce et Heartthrob, Américain lui aussi exilé dans la capitale allemande, et adepte d’une techno hypnotique et glaciale. Ces deux-là auraient préparé un set spécial pour l’occasion. Ils seront accompagnés de John Gaiser, auteur du hit “Oolooloo”, et de Hobo, compositeur du bondissant “Symptom”.
Dimanche soir suivront l’Italien Fabrizio Maurizi, dont les sets comme les disques sont bâtis comme des autoroutes de techno qui portent le danseur toute la nuit, et l’Espagnol Paco Osuna, résident du Club4 à Barcelone. Le point d’orgue de la soirée sera le live de Marc Houle dont les hits “Techno Vocals” ou “Bay of Figs” font toujours un effet monstre en club. Producteur prolifique, Marc Houle peut désormais grâce à Items and Things publier les centaines de tracks inédits qu’ilgarde en stock et distille au fil de ses sets. Après avoir fait le plein de réputation au sein de l’écurie de Minus, il semblerait que la vision autoritaire de Richie Hawtin l’ait un peu lassé. Si Houle, Magda et Pierce réfutent toute grosse engueulade, on devine quelques différends artistiques dans leurs récentes interviews : « Il y a toujours des limitations quand tu n’es pas le propriétaire du label. Minus a une direction artistique très stricte, Richie des idées pour le futur, et il gère le label dans ce sens. » Si on ne sait pas trop quel crédit accorder aux déclarations du trio concernant leur lassitude des “top clubs”, et l’envie de « revenir dans des endroits underground », on se doute aussi qu’ils n’ont pas envie de perdre la rentrée d’argent vitale que constitue le fait d’être booké en tant que DJ de chez Minus. Et si ça permet de monter des plateaux d’exception comme celui du week-end, profitons-en. S.B.
Soirée “48h00 with Minus”, samedi
10 et dimanche 11 septembre
à minuit au au Rex Club, 5, bd
Poissonnière, 2e. Entrée : 15 €, 12 €
en prévente (pass 2 nuits : 20 €).