Spank Rock n’est plus qu’un seul homme. Le duo composé de Naeem Juwan et du beatmaker Alex Epton, alias XXXChange, s’est dissous, tombant dans le classique cliché du groupe dépassé par son succès, celui du premier album YoYoYoYoYo, paru en 2006 chez Big Dada, la division hip-hop de Ninja Tune. Matt Black, le boss, se rappelle que « de grosses maisons de disques ont commencé à leur tourner autour, à promettre des choses et agiter de grosses sommes d'argent ». Et de conclure : « Ça ne m'étonnerait pas que ce soit une des bases de la rupture entre le DJ et le rappeur. »
La grosse maison en question était Downtown records, qui a subtilement pensé que la musique de Spank Rock serait parfaite pour illustrer des pubs à la télé. Du coup, Naeem Juwan a réalisé qu’il n’avait pas forcément fait le bon choix, et a bouclé ses valises. Après cette petite claque de maturité, Juwan est redevenu un artiste indépendant, ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être. Il s’est relevé et a rassemblé ses idées. Il en a trouvé une bonne : embaucher Boys Noize pour produire son deuxième album.
Le polyvalent beatmaker allemand, qui cartonne un peu partout dans le monde grâce à ses remixes, lui a servi sur un plateau ses bonnes recettes pour ce qui restera l’un des meilleurs disques électro-hip-hop de l’année, Everything Is Boring and Everyone Is a Fucking Liar. Spank Rock vient présenter son nouveau bébé lors d’une release party ce samedi à la Machine du Moulin Rouge, accompagné de quelques grosses têtes de l’électro hexagonale : Bobmo, qui vient de fonder le label Marble avec Para One et Surkin, ses copains sur le défunt Institubes, DSL, hébergés chez Ed Banger, les Donovans, signés sur le Citizen de Vitalic, et Sayem, connu pour son tube World of Flowers, et qui a sorti en octobre son dernier album A City Gone Mad w/ Fever, joliment complété d’une bande dessinée. De quoi fêter dignement son retour parmi les siens.
Spank Rock release party,
le 10 décembre à partir de
23 h 30 à la Machine du
Moulin Rouge, 90, bd de
Clichy, 18e. Places : 15-18 €.
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Random Axe - Concert Hip Hop
Décidément, on ne peut pas faire confiance à un rappeur. Lorsque Black Milk (le producteur rap le plus scruté de la scène underground US de ces cinq dernières années) nous annonçait en 2008, pas peu fier, que son projet de supergroupe hip hop nous scierait les pattes dans les six mois à venir, on l’avait cru, totalement
sous l’emprise d’une fascination largement avouée dans ces pages. Trois ans d’impatience et de frustration plus tard, le power trio rap Random Axe, composé de Sean Price, Guilty Simpson et l’ami Black Milk, déboule enfin dans les bacs et sur les planches parisiennes. Si les délais d’attente ont explosé, c’est que les
chefs étoilés de la nouvelle scène hip hop new-yorkaise ont pris leur temps. Rythmiques extraterrestres, mélopées de piano rabotées sur l’autel de l’efficacité, ambiances millénaristes et flows de prédicateurs vous atteignent droit au coeur. C’est que les loulous savent y faire pour perturber nos positions. On vous promet
la lune en vous aspirant vers le haut à coups de basses caoutchouteuses étirées, on vous plaque au sol en balançant des beats accrochés à des enclumes pour finalement vous laisser sonnés, mais ravis. Vous voilà prévenus, la venue du combo est à ne pas manquer. Assurément, la soirée hip hop du mois !
Random Axe, le 18 octobre
à 20 h à la Bellevilloise,
19-21, rue Boyer, 20e. M°
Gambetta ou Ménilmontant.
Places : 28,60 €.
Random Axe - Everybody Nobody Somebody
sous l’emprise d’une fascination largement avouée dans ces pages. Trois ans d’impatience et de frustration plus tard, le power trio rap Random Axe, composé de Sean Price, Guilty Simpson et l’ami Black Milk, déboule enfin dans les bacs et sur les planches parisiennes. Si les délais d’attente ont explosé, c’est que les
chefs étoilés de la nouvelle scène hip hop new-yorkaise ont pris leur temps. Rythmiques extraterrestres, mélopées de piano rabotées sur l’autel de l’efficacité, ambiances millénaristes et flows de prédicateurs vous atteignent droit au coeur. C’est que les loulous savent y faire pour perturber nos positions. On vous promet
la lune en vous aspirant vers le haut à coups de basses caoutchouteuses étirées, on vous plaque au sol en balançant des beats accrochés à des enclumes pour finalement vous laisser sonnés, mais ravis. Vous voilà prévenus, la venue du combo est à ne pas manquer. Assurément, la soirée hip hop du mois !
Random Axe, le 18 octobre
à 20 h à la Bellevilloise,
19-21, rue Boyer, 20e. M°
Gambetta ou Ménilmontant.
Places : 28,60 €.
Random Axe - Everybody Nobody Somebody
Theophilus London ( Concert - Hip Hop )
S’il y a une chose très ennuyeuse chez Theophilus London, c’est sûrement son génie. Ce truc inexplicable, agaçant parfois – on l’avoue, on est un peu jaloux… – qui fait que les petites critiques bien senties qu’on a envie de lui balancer (sur son look de “sapeur 2.0”, son arrogance calculée pour faire entrouvrir les bouches des filles durant ses concerts...) restent souvent rangées au fond de notre gorge. Flamboyant spécimen de la – fâcheuse – tendance « tout le monde il est beau, tout le monde il est pop » qui phagocyte la musique, le MC chanteur originaire de Brooklyn est l’ovni musical acidulé qui, en à peine deux ans, a fracassé les canons du rap avec ses beats drapés dans du velours pop et magnétique. Ses deux fabuleuses mixtapes Jam et surtout This Charming Mixtape ont donné un nouvel élan à cette vague de fond qui invite un peu plus chaque jour le hip hop à muter avec son environnement sonore. Il n’en fallait pas plus pour faire accéder le bleu au statut d’icône hipster. Voilà qu’un jeunot sorti des méandres de l’Internet indé se mettait donc soudainement à noyer le rap de papa dans une bassine jouissive de new wave (Computer Love), de soul stylisée (Wine and Chocolates) et de pop synthétique aux basses langoureuses (Why Even Try). Et si Theophilus London était tout simplement le premier représentant de la star du nouveau millénaire ? Une métaimage, entre illusions et frisson hype, experte en frissons soniques aux allures de futurs classiques.
Le 29 septembre à 20 h à la Machine du Moulin rouge, 90, bd de
Clichy, 18e. M° Blanche. Pl. : 25,30 ¤.
Le 29 septembre à 20 h à la Machine du Moulin rouge, 90, bd de
Clichy, 18e. M° Blanche. Pl. : 25,30 ¤.
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