Concert Folk : This Is The Kit

Quand elle chante sur des arpèges folk ou des délicatesses au banjo, l’Anglaise Kate Stables égale allègrement les mélodies de Laura Veirs. Mais son Wriggle Out the Restless – produit par Morning Star – connaît aussi des séquences électriques. Une belle collection d’états d’âme joliment mis en mélodies.

Auteur l'année passée de son second album, Kate Stables, alias This Is The Kit, fera escale à l'Espace B de Paris le 30 septembre prochain en compagnie de The Magic Lantern lors d'une soirée faisant la part-belle au folk sous toutes ses formes.

Espace B, 16, rue
Barbanègre, 19e.
M° Corentin Cariou. A 20 h 30.
Places : 5 €.

www.thisisthekit.co.uk
www.myspace.com/themagiclantern


Theophilus London ( Concert - Hip Hop )

S’il y a une chose très ennuyeuse chez Theophilus London, c’est sûrement son génie. Ce truc inexplicable, agaçant parfois – on l’avoue, on est un peu jaloux… – qui fait que les petites critiques bien senties qu’on a envie de lui balancer (sur son look de “sapeur 2.0”, son arrogance calculée pour faire entrouvrir les bouches des filles durant ses concerts...) restent souvent rangées au fond de notre gorge. Flamboyant spécimen de la – fâcheuse – tendance « tout le monde il est beau, tout le monde il est pop » qui phagocyte la musique, le MC chanteur originaire de Brooklyn est l’ovni musical acidulé qui, en à peine deux ans, a fracassé les canons du rap avec ses beats drapés dans du velours pop et magnétique. Ses deux fabuleuses mixtapes Jam et surtout This Charming Mixtape ont donné un nouvel élan à cette vague de fond qui invite un peu plus chaque jour le hip hop à muter avec son environnement sonore. Il n’en fallait pas plus pour faire accéder le bleu au statut d’icône hipster. Voilà qu’un jeunot sorti des méandres de l’Internet indé se mettait donc soudainement à noyer le rap de papa dans une bassine jouissive de new wave (Computer Love), de soul stylisée (Wine and Chocolates) et de pop synthétique aux basses langoureuses (Why Even Try). Et si Theophilus London était tout simplement le premier représentant de la star du nouveau millénaire ? Une métaimage, entre illusions et frisson hype, experte en frissons soniques aux allures de futurs classiques.
Le 29 septembre à 20 h à la Machine du Moulin rouge, 90, bd de
Clichy, 18e. M° Blanche. Pl. : 25,30 ¤.



Concert : Zola Jesus - Conatus

De prime abord, ce nouveau blond platine lui va plutôt bien. De toute façon, on préfèrera toujours Nika Roza Danilova ainsi plutôt que dégoulinante de goudron – voir la pochette de Stridulum II, paru l’année dernière. Et cette réforme de
la couleur ne se limite pas aux cheveux : blanche comme un linceul, Zola Jesus reconnaît, assume, confesse qu’avec Conatus (sortie ce 26 septembre), elle a cherché à sonner plus pop. C’est courageux. Car dans la mouvance witch house (combinaison d’électronique et de gothique ; “witch” signifie “sorcière”), “pop”
est quasiment un gros mot. Mais que les adeptes du groupe Salem et de la magie noire de Zola Jesus première version soient rassurés : l’Américaine qui a grandi dans un trou du Wisconsin n’a mis qu’un léger bémol à son Stridulum. Conatus garde quelques souvenirs de la musique industrielle – dans les battements va-t-en-guerre –
et les séquenceurs dirigent la manoeuvre. Des accords de piano en suspension permettent à Zola Jesus de placer sa voix à la Patti Smith. A ceci près que, dogme gothique, le chant émane des profondeurs d’une chambre d’échos. Avec Avalanche, Ixode, Seekir, et quand le disque s’emballe, c’est une joie de quitter la catacombe.
Une chauve-souris blanche frappe à la porte des radios, fait toc-toc à l’entée de la discothèque. Un drôle de tempérament qui se manifeste aussi en public.
Le 28 septembre à 20 h au
Point Ephémère, 190, quai
de Valmy, 10e. M° Jaurès.
Places : 15 ¤



“WHERE IT ALL BEGAN” - APPLAUSE

Quand Nicolas Lys en aura marre de s’entendre dire qu’il a la voix de Jeff Buckley, chantera-t-il d’une autre manière ? Peu probable. Le chanteur français n’est pas dans une imitation ; sur le rock sensible des quatre musiciens belges, il vocalise à l’instinct. Alors, on suit les modulations de sa voix de tête sur toutes les tonalités - du rock au jazz cool - combinées par des guitares et un clavier qui connaissent la musique. Car possible qu’en plus de Nicolas Lys la valeur d’Applause tienne à sa musicalité supérieure, à quelques joliesses qui les distinguent du lot : les hédonistes All About You et Black Sand ; l’irrésistible Hope You’re Better et la nostalgie de Feelings et The Woods. Reconnaissons au passage l’apport du producteur Daniel Presley (The Breeders, Faith No More, Dionysos), qui a eu le don de mener Applause encore un cran au-dessus. A suivre.


Stacey Kent - Concert L’Estival-de-Saint- Germain-en-Laye

La chanteuse américaine Stacey Kent, installée en Grande- Bretagne, séduit aujourd’hui un large public. Il faut dire qu’elle mène sa carrière astucieusement, mélangeant jazz et reprises de standards pop, souvent cuisinés avec de la musique brésilienne. Dans ce choix, elle n’a pas oublié le public français qui devrait réserver un bel accueil aux chansons de son nouvel album Raconte-moi. Elle y reprend le morceau de Benjamin Biolay et Keren Ann Jardin d’hiver, mais aussi d’autres thèmes, tous chantés dans notre langue avec cet accent piquant qui fait son charme. Elle est la vedette de la 5e édition du festival Jazz en boucle, qui se tient jusqu’au 25 septembre au Théâtre Saint-Maur. Elle se produira aussi au festival L’Estival-de-Saint- Germain-en-Laye (Théâtre Alexandre-Dumas) le 8 octobre.